Petite histoire de la création d’un univers
Comment suis-je devenu le meilleur ?
28 avril 2020
De toute façon, je suis le meilleur.
Vous voici lancé dans cette lecture initiatique. Bien. Puis, vous réalisez que dans mes plans, mes ambitions et mon assurance, quelque chose cloche. Vous lisez un écrivain sans éditeur, qui parle déjà de sa carrière et de son originalité. Pire, vous lisez quelqu’un qui pense pouvoir vivre de sa plume un jour alors que vous me trouvez un style — insérer un adjectif péjoratif de votre choix — et même des coquilles.
Eh bien, voilà le chapitre que vous attendiez : celui qui me donne une profondeur et étoffe le crédit que vous donnerez à ce témoignage, car c’est ici tout l’enjeu pour vous donner envie de poursuivre la lecture.
Pendant plus d’une décennie, j’ai fantasmé le métier d’écrivain.
Mais lorsqu’arriva ce fameux jour durant lequel j’ai écrit les premières lignes de L’Épopée de Lars & Aatos, j’ai su que le déclic était arrivé.
Dans mes souvenirs, trois déclencheurs furent déterminants : une compagne honnête sur mes compétences et mes capacités, un parcours professionnel qui avait abouti sur deux petites victoires et l’annonce de l’arrivée de mon fils. En somme, l’honnêteté intellectuelle, la confiance en soi et un délai : la Sainte Trinité. Cette conjonction fut idéale et je me suis lancé.
Voilà plus de vingt mois que j’ai gardé en tête que j’étais le meilleur. Alors même que Boris Vian, Marcel Proust, Aldous Huxley, Agatha Christie, Franz Kafka, Raymond Radiguet, James Joyce, Virginia Woolf ou encore Alain Damasio, pour n’en citer que quelques-uns, avaient déjà écrit des chefs-d’œuvre.
J’ai évité la question, car il est facile de trouver meilleur que soi.
C’est lorsque j’ai compris que je n’étais pas en compétition avec d’autres confrères, à ce moment précis, que j’ai enfin su que j’étais le meilleur, sans comparaison.
Montez dans le train
Bien que ce début de chapitre sonne comme un mauvais livre de conseils en développement personnel, c’est bien ce mécanisme de comparaison qui a été celui qui m’a retenu de commencer à écrire de façon sérieuse : à chacun de comprendre et faire sauter ses propres remparts.
Puis, une fois que la confiance et le plaisir d’écrire étaient réunis, l’aventure commença.
Je ne regrette pas cette phase de maturation qui fut, dans mon cas, nécessaire. Pourtant, je suis heureux qu’elle s’achève pour laisser place à une phase de création que j’entretiendrai jusqu’au crématorium.
Donc même si je suis le meilleur, être un grand lecteur n’a rien à voir avec le fait d’être un écrivain professionnel. Je suis tombé dans tous les premiers pièges de la création littéraire et je suis persuadé d’être piégé dans les travers des amateurs avertis à l’heure actuelle ; je n’ai juste pas encore le recul nécessaire pour le savoir.
Alors oui, vous lisez un inconnu. Un scribouillard. Cependant, je suis persuadé que ce témoignage n’aura pas la même saveur lorsque je serai plus aguerri. Profitez de cette naïveté dévoilée pour monter dans le train ! Je vous emmène dans un chouette voyage. Le prochain chapitre, nous entrons ensemble dans le dur : les références d’apprentissage tant promises.
Et gardez en tête : je suis le meilleur.
Développé avec ♥ et passion